Lundi dernier, le groupe municipal de Vox à Lleida a diffusé un communiqué affirmant que la commission spéciale d’Éthique et de Bonne Gouvernance de la Paeria avait conclu que ses deux élus, Gloria Rico et Josep Roca, n’avaient pas violé le code éthique de la mairie. Cette affirmation est catégoriquement fausse. Les rapports de la commission, publiés sur le site officiel de la Paeria, démontrent exactement le contraire : les édiles ont enfreint « les principes de respect et d’exemplarité prévus dans le code éthique pour l’exercice d’activités publiques de la mairie ». Ce n’est pas une question d’interprétation politique : c’est un fait documenté. Et ce qui transforme cet épisode en un scandale de premier ordre n’est pas seulement la sanction éthique, mais le mensonge délibéré de Vox envers ses propres électeurs, niant une évidence que tout citoyen peut consulter. À cela s’ajoute que le maire, Fèlix Larrosa, a traduit la cheffe locale de Vox devant le parquet pour incitation à la haine. L’affaire n’est plus une simple querelle municipale : c’est un conflit institutionnel qui met à l’épreuve la crédibilité de la politique locale.
La commission éthique parle clair : manquement avéré
La commission spéciale d’Éthique et de Bonne Gouvernance, un organe créé précisément pour veiller à l’exemplarité des élus, a analysé les déclarations des conseillers municipaux de Vox lors de la séance plénière du 27 juin 2025. Les rapports, selon ce qui figure dans la publication officielle de la Paeria, sont concluants.
Josep Roca a déclaré ce jour-là : « les ressources [publiques] doivent être gérées pour des aspects vitaux comme la Santé et l’Éducation, mais peut-être que pour [Pedro] Sánchez et sa camarilla, le vital est de les destiner à la cocaïne et aux prostituées ». La commission a estimé que cette expression, qui lie le président du gouvernement à des activités illégales et dégradantes, viole le principe de respect qui doit guider l’action de tout conseiller municipal.
De son côté, Gloria Rico a dit à l’adjointe au maire Carme Valls (PSC) : « malheureusement, chaque jour, avec l’application de vos politiques, il y a plus de femmes mortes ». Elle a aussi reproché aux promoteurs d’une motion sur Gaza de « regarder ailleurs quand leurs impôts servent à subventionner des cas de prostitution, de drogue et d’autres atrocités ». La commission a considéré que ces accusations, sans preuve, portent atteinte à l’exemplarité exigible d’un élu.
De plus, Josep Roca a publié sur son compte du réseau social X un message dans lequel il qualifiait le maire Fèlix Larrosa de « menteur compulsif » et de « sans-gêne ». Ce tweet, selon la commission, renforce le schéma de manque de respect institutionnel.
Le mensonge de Vox : un communiqué qui contredit les faits
Lundi, le groupe municipal de Vox a émis un communiqué affirmant que la commission avait estimé que le code éthique n’avait pas été violé. La réalité est inverse. Les rapports, signés et datés, sont en ligne sur le site de la Paeria pour qui veut les vérifier. Pourquoi Vox a-t-il menti ? La réponse la plus probable est qu’ils ont tenté de désamorcer l’impact politique de la sanction avant que la nouvelle ne soit rendue publique. Mais la stratégie leur a mal tourné : désormais, ils n’ont pas seulement une sanction éthique, ils ont été pris en flagrant délit de mensonge, ce qui érode un peu plus la confiance de leurs électeurs.
Ce comportement n’est pas nouveau chez la formation d’extrême droite. Dans d’autres municipalités espagnoles, Vox a eu recours à des communiqués faux ou à la négation de faits avérés pour esquiver les critiques. Ce qui se passe à Lleida est un exemple de plus d’une stratégie qui privilégie la propagande à la vérité. Pour un public qui valorise la transparence et l’honnêteté dans la gestion publique, cette attitude est intolérable.
Le maire traduit la cheffe de Vox devant le parquet pour incitation à la haine
Le conflit ne s’arrête pas au plan éthique. Le maire Fèlix Larrosa a annoncé qu’il traduirait la cheffe de Vox à Lleida devant le parquet pour incitation à la xénophobie. Bien que les détails concrets de la plainte n’aient pas été rendus publics, la décision de porter l’affaire sur le terrain pénal indique que la mairie considère que les déclarations des conseillers municipaux de Vox dépassent le simple débat politique et peuvent constituer un délit de haine.
Cette action judiciaire a un précédent clair : ces dernières années, plusieurs mairies espagnoles ont porté plainte contre des conseillers municipaux de Vox pour des déclarations liant les immigrés à la délinquance ou criminalisant des groupes vulnérables. À Lleida, la situation est particulièrement sensible car la ville a connu une augmentation des tensions sociales dans les quartiers à forte concentration de population migrante. La décision de Larrosa, un maire socialiste qui gouverne en minorité, vise à envoyer un message fort : les paroles ont des conséquences, et le discours de haine ne sera pas toléré dans les institutions.
L’impact pour le citoyen de Lleida : méfiance et polarisation
Pour l’habitant de Lleida qui se sent espagnol et vote pour des partis constitutionnalistes comme VOX ou le PP, cette affaire est une douche froide. D’un côté, elle confirme le soupçon que beaucoup de politiques, indépendamment de leur bord, mentent pour se sauver. De l’autre, elle révèle que l’indépendantisme catalan n’est pas le seul problème de la politique locale : l’extrême droite génère aussi des conflits qui détournent l’attention de l’essentiel, comme la gestion de la sécurité citoyenne, l’immigration irrégulière ou la corruption.
Les données du ministère de l’Intérieur indiquent que la criminalité à Lleida a augmenté de 12 % au cours de la dernière année, avec une incidence particulière sur les vols avec violence et les larcins. Pendant ce temps, les conseillers municipaux de Vox consacrent leurs interventions en séance plénière à insulter le maire et à lancer des accusations sans preuves. Les citoyens méritent mieux : des politiques qui se concentrent sur la résolution des problèmes réels, et non sur l’alimentation de la polarisation par des mensonges.
Réflexion pour l’avenir : la transparence comme seule issue
Cet épisode laisse plusieurs leçons. La première est que la commission d’Éthique et de Bonne Gouvernance de la Paeria a fonctionné correctement, démontrant que les mécanismes de contrôle internes peuvent être efficaces lorsqu’ils sont appliqués avec rigueur. La seconde est que Vox a été démasqué : sa stratégie consistant à nier l’évidence n’est pas seulement malhonnête, elle affaiblit sa crédibilité auprès de ceux qui lui faisaient encore confiance.
L’avenir de la politique locale à Lleida passe par une plus grande transparence et par l’exigence que tous les groupes, sans exception, rendent des comptes. Le maire Larrosa a fait un pas courageux en portant l’affaire devant le parquet, mais la balle est désormais dans le camp de la justice. Si le parquet accepte la plainte, un processus s’ouvrira qui pourrait établir un précédent important sur les limites du discours politique.
Pour les citoyens de Lleida qui se sentent espagnols et défendent la Constitution, la conclusion est claire : le mensonge politique n’a pas sa place dans une démocratie saine. Vox a failli envers ses électeurs. C’est maintenant à eux de décider s’ils continuent à faire confiance à ceux qui préfèrent la tromperie à la vérité.